Azurtem était présent hier soir au Forum de l’Urbanisme et Architecture de la Ville de Nice, invité par le SACA, le Syndicat des Architectes de la Côte d’Azur.
Le sujet de la présentation était le projet de Musée Mercedes-Benz à Stuttgart réalisé par Ben van Berkel et Caroline Bos de UNStudio.
Animée de façon captivante par Jean Luc Rolland, architecte basé à Marseille, nous avons découvert ce lieu insolite, hors du commun.
Jean Luc a démarré en se remémorant son scepticisme et même son dégoût initial pour l’aspect extérieur de ce bâtiment. Puis, au fil de son récit, et de notre découverte, nous avons partagé sa fascination grandissante pour ce que tout le monde reconnait être une prouesse technique. Ceci dit, Jean Luc a rappelé à plusieurs reprises l’absence du respect des vérités architecturales dans la conception de ce que certains appellent le trèfle à trois feuilles.
Il s’agit indéniablement d’une réalisation hors normes, ce qui s’apparente parfaitement aux exigences de Mercedes-Benz.
En effet, la firme créée à l’origine par Karl Benz et Gottlieb Daimler, cherchait un moyen au travers de cet édifice de pérenniser son nom, et sa réputation et ainsi assurer sa postérité dans l’histoire de l’homme; rien de moins.
Le constructeur automobile s’en est donné les moyens. L’étude a officiellement démarrée en 1999, le lauréat sélectionné en 2002 et l’œuvre achevée en 2006. Efficacité Teutonne oblige, rien n’avait été laissé au hasard. Des équipes pluridisciplinaires, des modélisations et prototypes en grandeurs nature, et le temps de mener les études à leur terme ont permis de garantir un résultat d’une finition irréprochable.
A
ucun détail n’a été négligé, de l’orientation de chacune des trois ailes, de la qualité et du choix des matériaux employés, de l’étude de l’éclairage et des vitres sérigraphiées mises en œuvre pour filtrer la lumière du jour, du calcul thermique de chaque espace et recoin intérieur, aux parcours et raccourcis que pourront emprunter les visiteurs.
N’oublions pas non plus les façades en inox brossé, l’épaisseur et la solidité des structures, le second œuvre encastré dans le plafond de béton – aucun faux plafond ici – voire la signalétique gravée à même les parois ultra-lisses des murs, également de béton.
Nous aurions pu bien évidemment évoquer ici les collections de voitures qui ont marquées leurs temps, des bolides couronnés de succès, ou les véhicules utilitaires en tout genre : van, bus, camion. Mais non, c’est bien la présention de ce casque géant, comme l’ont dénommés certains architectes, qui a retenu toute mon attention.
Il est vraissemble que le visiteur se demandera à chaque instant de sa ballade, quel est le sujet réel de sa visite ? Les fruits d’un constructeur automobile dont la réputation n’est plus à faire ? L’édifice muséal lui-même, dont les aspects et facettes ne cessent de vous interpeller ? Ou bien le panorama qu’offre les baies vitrées des trois ailes du musée ?
L’espace ouvert et l’emploi répété de parois translucides permettent aux visiteurs, et à leur insu, de figurer à leur tour dans le décor.
Le débat qui s’en est suivi s’est focalisé sur deux aspects : le delta entre les esquisses du projet initial et celui du résultat livré, et la complexité grandissante du métier d’architecte.
L’architecte semble tenir à cœur que toute réalisation soit fidèle à son dessin. Est-ce réellement possible de nos jours où concertation et collaboration intègrent nécessairement les notions de compromis et de contributions supplémentaires, voire externes ?
En ce qui concerne la complexité du métier, l’ordinateur est régulièrement inclus dans le panier des sources de complexités de mise en oeuvre. Mais si la charrue suit les bœufs, c’est bien l’homme qui au départ édicte les contraintes et exigences auxquelles il doit ensuite faire face, n’est-ce pas ?
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